Tibesti : Sur les traces de Raymond Depardon

Tibesti, la montagne des Toubous.

 

Île de pierres au milieu d'un ocean de sable, les montagnes du Tibesti culminent à 3 415 mètres d'altitude avec l'ancien volcan Emi Koussi, qui se trouve au sud du massif et qui constitue à la fois le plus haut sommet du Tchad et du Sahara.

 

Le Tibesti, dont le nom signifie "lieu où vivent les habitants des montagnes", est le domaine des Toubous apparus dans le massif il y a environ 2500 ans et qui se sont adaptés à des conditions de vie très difficiles. Les températures varient en moyenne de 10°C à 30°C mais il gèle souvent la nuit. La moyenne des précipitations ne dépasse pas les 20 millimètres par an et il peut ne pas pleuvoir pendant plusieurs années. Les Toubous ont fait du massif une forteresse naturelle. L'isolement du Tibesti a ainsi marqué l'imaginaire culturel, dans l'art et la littérature. Le premier européen à pénétrer dans le Tibesti est l'allemand Nachtigal en 1869. L'armée française finit par occuper le territoire en 1929 mais l'attitude des Toubous face à l'occupant est changeante et la pacification est lente à obtenir. Le Tchad devient indépendant en 1960 et finit par imposer son administration aux Toubous en 1965. Leur chef, le Derdé, part en exil et naît la première guerre civile tchadienne. Les montagnes du Tibesti deviennent le fief du FROLINAT (Front de Libération Nationale du Tchad).

 

C'est en 1970, que Raymond Depardon, accompagné de Gilles Caron, Michel Honorin et Robert Pledge, se rend pour la première fois au Tibesti pour réaliser un reportage sur la rebellion. Sa première rencontre avec le peuple Toubou.

Il y retournera plusieurs fois, notamment en 1975 pour une interview de Françoise Claustre, détenue par les rebelles. Cet "exploit" journalistique a été possible grâce aux liens d'amitié tissés avec les chefs de la rebellion Adoum Togoï, Dagache Yoki, Goukouni Weddeye et Hissène Habré. Il retournera souvent au Tchad (77, 78, 79, 80, 95, 97 et 98). En 2001, il réalisera le film "Un homme sans l'Occident" dans la région de Faya. Dans le livre "En Afrique" (Seuil 1996), Raymond Depardon écrit : "Je suis heureux de retrouver enfin mon Tibesti, ma montagne préférée dans le désert. C'est la première fois que je peux venir ici, au trou du Natron, volcan à deux mille mètres d'altitude, au pied du pic Toussidé. Il m'a souvent guidé, ce pic Toussidé ! On le voit de loin, en Land Rover, ou en petit avion du genre Cessna ou Dakota. Mes histoires avec le Tibesti seraient trop longues à vous raconter. ... J'aime les Toubous : nomades noirs du Sahara, la seule population noire au désert. Ils sont fiers d'être les seuls à pouvoir vivre ici."

Les photos de Raymond Depardon ont longtemps entretenu mon imaginaire du Tibesti et plus largement celui du Sahara.

 

Mon premier voyage dans les montagnes du Tibesti, en février 2012, outre la découverte de cette région "inaccessible" du Sahara a été comme un voyage pour retrouver ces images : paysages montrés sans artifice, personnes photographiées sans condescendance, sans jugement. Notre expédition part de Faya, nous mettons deux jours pour rejoindre Zouar au pied des montagnes. Zouar où réside le Derdé et qui fut le lieu de repli de la Colonne Leclerc pendant la seconde guerre mondiale. Après avoir rendu une visite de courtoisie au "chef" des Toubous, nous attaquons notre ascension vers le Pic Toussidé. Je découvre le fameux "trou au natron". Un rêve de plus de quinze ans se réalise. Sur la piste de Bardaï, nous observons quelques gravures qui nous rapellent qu'il y a longtemps la région n'était pas un désert aride. Ce fut un voyage éprouvant physiquement mais quelle joie au final, quel privilège d'avoir pu découvrir ce Sahara.

 

En 2014, je retourne dans le Tibesti, j'ai la chance de visiter les hauts lieux de l'Histoire du Frolinat : Gobone, Modra, Bardaï, Yebbi Bou, ces oasis qui furent le refuge des rebelles, parcourues et photographiées par Depardon. Lieux de vie improbables où subsistent une existence humaine frugale. Partout je retrouve, en couleur, les photographies que j'ai longtemps regardées dans les livres de ce grand photographe. Nul doute, je suis les traces de Raymond Depardon.

Philippe Freund Photographe

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